2019-Camino de Madrid_05

Cercedilla-Segovia

Journée redoutée. Je me lève à 05:15. : Ca fait des mois que les 1792m à franchir me préoccupent. Je ne suis pas un montagnard! Mon univers, moi, c’est l’horizon, de préférence au niveau de la mer!
A 06:15 je marche.
Ça monte tout de suite. La route est éclairée 1km, jusqu’à la première albergue (fermée) d’où je poursuis l’ascension, le long de la route dans le noir complet. J’avais glissé dans ma poche la lampe frontale et ses 80g, je l’allume!


7h je passe devant l’auberge de Las Dehesas. J’espérais y dormir pour éviter les trois quart d’heure que je viens de faire.
Dévié, dans le noir, par l’accès à l’auberge, je perds le chemin et dois obliquer fort sur la gauche à travers bois pour le récupérer. Il longe toujours une petite route goudronnée.
Étrangement, les baliseurs compulsifs ont été assez avares de flèches jaunes. Peut-être est-ce dû au fait qu’il n’y a guère qu’une piste facile à suivre, ou bien je ne les voyais pas dans le faisceau de ma lampe, plus probable.
7h15: le ciel bleu est au-dessus des grands pins je vais bientôt pouvoir éteindre la frontale .
A la fin de la voie goudronnée, une barrière en travers et une balise qui m’indique qu’il faut continuer tout droit dans la forêt. Que seuls les piétons ont accès à partir d’ici.
Il est 7h20
Le ciel s’éclaircit rapidement, j’éteins ma lampe.
La piste s’élargit et grimpe raide, pavée d’énormes pierres. C est la Calzada Romana.

Calzada Romana



J’admire intérieurement les pèlerins d’origine qui gravissaient cela avec les chaussures de l’époque,!



Arrivé à un plateau, au départ de tous les chemins du parc national, il y a un panneau en bois, rustique et quasi illisible, des circuits et la flèche jaune que j’attendais.


Je pose la veste, sans trop la ranger car on est quand même déjà à 1510m.
J’entame ma banane, ça de moins à porter, et m’engage,10mn, dans une mauvaise direction… je n’ai pas chaud sans la veste.
La piste paraissait trop belle, je contrôle mon gps et fais demi-tour. Petit raccourci pour retrouver la Calzada Romana. Toujours aussi mal pavée, bien sûr: énormes pierres qu’il faut négocier à chaque pas. Mes pieds et mes hanches ne cessent de maugréer. Et le soleil qui n’arrive toujours pas jusqu’à moi.

Le vent se lève je pose le sac pour remettre la veste..
Je repars mieux couvert. Un peu froid aux mains mais pas au point de sortir les gants, par contre je remets ma casquette pour garder ma chaleur.
Ça fait presque deux heures que je grimpe dans ces cailloux, avec de rares moments de répit dans la déclivité.
Encore quelques mûres judicieusement disposées là pour moi par Saint-Jacques.



9h croisement de la via Romana avec la voix Borbonica, ça monte toujours aussi raide… Un grand pin se découpe sur le ciel au bout de ce raidillon.


09:10 Et d’un seul coup, après le grand pin, il n’y a rien!
Un large espace dégagé, et la pente qui s’inverse… Je suis en haut, déjà? Si tôt ? Ou sont les flèches?

Puerta de la fonfria!



Voilà! Une borne de camino, une flèche jaune et un poteau m’indique la distance qui reste à parcourir ‘599 km’ mais vers une large piste descendante.

Le meilleur moment de la journée!!!
Bon, faut pas que je m’attarde, le soleil arrive en même temps. Tant mieux, j’avais les doigts gelés.
Je n’avais presque pas bu,en montant, à cause du froid. Je m’accorde une bonne rasade des trois litres (kg!) embarqués et une barre de céréales.



Que ça fait du bien de redescendre sur cette large piste damée.
Le rythme s’accélère, je resserre mes souliers pour la descente.
Plus bas, une fontaine en chemin dispense faiblement une eau fraîche.

Ca ne descent pas toujours, Mais ca ne monte plus jamais longtemps. C’est une balade sous les pins, une belle rando en récompense aux douleurs de l’ascension.
La lutte achevée, l’esprit s’évade dans l’instant présent.

Champignon, photo.

11:00


12:15 arret repas, tombe la veste et les chaussures….


12h35 départ
Photos chaque heure

14h30 cathedrale, aqueduc, Touristes… .

Segovia
Cathédrale de Segovia

Pas d’arrêt à Segovia, pas d’hébergement pèlerins, des hôtels pour la foule de touristes.

Redepart vers Zamarramala, 3 km… plus haut, sous le soleil.

En quittant Segovia

16:45 34 km dans les jambes. L’albergue de Zamarramala, 8€, tout confort, et on ne sera apparemment que 4 dans la chambrée de 20 places. Le rêve!



17:00: installé, lavage, douche, un tour du village: l’unique boutique est fermée… juste un bar- restaurant. Une bière a 1,50€ et rdv pour le souper.

Ce soir, menu pèlerin à 9€, j’ai enfin l’impression d’être vraiment sur le Chemin de Compostelle.

Au lit à 22:30… (34 km!)

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