2019-Camino de Madrid_04

De Manzanares à Cercedilla
24 Km , de 920 à 1200m , avec passage à 1320m.

Départ avec Rosa a 06:50. Elle part travailler.J’avais dit ok à Roy pour 8:15, mais l’idée du soleil, hier, m’a fait changer d’avis.
Elle m’a déposé sur le chemin à 7:00 et je commence à marcher. La montagne est bien là après Cercedilla, imposante.
Il fait encore nuit mais le ciel commence à bleuir .

Lever du jour

17 degrés ce matin. Je suis parti en T- shirt.
7h30 j’entre dans le parc national : « Sierra de Guadarrama »

et la montagne apparait mieux sur ma droite et me rassure moins. Je suis déjà à 950 m .
L’ascension commence, le vent est frais je mets ma chèche et la casquette.

8:00 Un réservoir d’où coule un filet d’eau est sur le chemin. Le panneau indique qu il est là pour abreuver les troupeaux mais un guide du parc s’arrête et me dit que je peux la boire. J’en mets peu dans ma gourde, en cas de besoin, mais je préfère ne pas trop la goûter avant l’agonie. L’état de la planète ne me donne pas envie d’en tester l’innocuité…

08:20 🥴 voilà le soleil! C’est l’heure à laquelle j’aurais dû partir avec Roy et j’ai déjà fait presque 6 km et passé les 1000 m.
Mon corps va bien, la nuit a été réparatrice: mes épaules ne disent rien. Je suppose qu’elles dorment encore, ou qu’elles s’habituent… ou que ma crème antalgique fait effet.

Tu l’as pas vue?

J’avance bien, malgré le dénivelé constant puisque à 9h je rentre à Matealpino. J’hésite à bifurquer vers le centre pour prendre un déjeuner plus consistant que celui de ce matin, pris dans l’urgence du départ.
Je vois, devant moi, mon premier pèlerin, ou plutôt ‘marcheur-rouleur’. C’est Germain, un argentin qui vit à Valladolid, au nord de Segovia, et qui se promène avec une planche à roulettes! Il va ainsi faire le même chemin, jusque chez lui, passage à 1800m compris, mais en utilisant sa planche, chaque fois qu’il peut, comme les vélos…. Il m’a avoué lui- même être un peu fou ! Je peut donc le dire ici. Très sympathique cependant, et parlant français mieux que moi l’espagnol. C’est ceux là l’avenir du monde, pas les banquiers…

Randonneur- patineur.

Je quitte Matealpino par un bout de macadam, lui, glisse sur un autre, je prends une photo… lointaine.


D’abord l’asphalte de la M617, un peu, puis un long et joli chemin à travers les fleurs sauvages, avant de retrouver une piste parallèle à la route, moins bucolique.

10h30 : j’entre à NévaCerrada. Je me suis bien élevé car le village sent déjà la montagne. On se croirait dans une de nos stations de ski, en été.

Tout est encore fermé, heure espagnole, mais j’attends un peu au bar ‘los Angéles’ pour prendre un bière. Je marche depuis 3h30 non stop, et j’ai besoin de refaire quelques calories, et surtout de m’assoir. Le serveur à ma demande, remplit gentiment ma gourde d’eau très fraîche et m’apporte quelques tapas avec la bière.

Je le soupçonne d’avoir eu pitié d’un pèlerin en état de rachitisme avancé. A moins qu’il soit naturellement bon, je ne désespère pas.
C’est encore un beau village: propre et lumineux. Pas mal de voitures mais peu de circulation, les gens se déplacent au milieu des rues, s’y arrêtent pour se saluer… me disent bonjour… non, buenos dias! , Buen Camino! On se croirait dans ‘Truman show’… (je cherche les caméras!)
Je passerais ma journée là, place de la mairie, à regarder vivre le monde mais j’ai du chemin à faire, j’habite pas ici. Je n’ai pas réussi à joindre l’albergue où je veux m’arrêter ce soir j’appellerai plus tard. Ca me préoccupe un peu ce manque d’abri pelerins, mais souvenons-nous qu’on est encore assez proche de Madrid et nombreux sont les gens qui viennent randonner ici à la journée. Ou se promener. C’est notre ‘St Guilhem le désert’ en somme. On y crapahute, on n’y dort point.

11h30: je repars!
Après 1h de repos, quitter la ville par une route qui grimpe à 10 % au moins c’est un peu délicat. A ce moment précis, le chemin m’apparaît plutôt comme un Calvaire, mais on n’a pas été créés pour passer sa journée dans les bars, sinon nos enfants naîtront sans jambes.
Je prends sur moi , je vise le haut: j’ai 33 centilitres dans l’estomac et un litre de plus dans le sac, faut assumer.

Heureusement je ne tarde pas à traverser un bosquet de mûres qui me rend la joie de vivre. C’est mon péché, les mûres en chemin!
Merci Saint-Jacques d’en avoir mis au bon moment.
Je reprends ma grimpette, au ralenti, très ralenti, vers Cercedilla, 5 km je crois ..
Sous les pins! (Donc à l’ombre…).

Mais, dans un excès d’optimisme, j’ai oublié de surveiller les flèches jaunes…
12:30 Ca y est je suis perdu! , le chemin attendu n’est plus, je tourne en rond dans la forêt.!
Stop, réflexion!… Je repère la ligne électrique au dessus de ma tête, elle est sur ma carte et coupe le chemin, donc je reviens en la suivant… 10mn.


Et magie, magie, je retrouve le croisement négligé et les jolies flèches des baliseurs compulsifs.
10+10=20mn de balade supplémentaire en forêt, y’a pire comme punition.
Tiens! Un papillon. Il avance avec moi, par bons de 2 a 3 mètres… Comme pour m’indiquer la direction.
Avant le parc national, point d’insectes, nul papillon. Il suffit d’imposer le respect de la nature pour qu’elle revive… Bonne nouvelle!

13:15, Après une longue descente sur une voie large, j’entre enfin dans Cercedilla, acceuilli par une fontaine d’eau claire : Je peux m’y désaltérer et jeter l’eau des vaches sur les arbustes voisins.


Là, toujours sans réponses des 2 Albergues Juveniles (auberges de jeunesse) de la ville, je vise la mairie, à travers une foule dense: c’est la semaine de fête, ici.
L’employé, après quelques appels infructueux, me confirme la fermeture des deux abris (fête oblige, vacances des fonctionnaires…) et me conseille 2 hotels bon marché. Je choisi le plus loin du centre, donc moins cher et plus près du départ demain.
Rassuré sur la nuit à venir, je trouve un petit resto à l’écart de l’agitation ambiante et pour 9€: Menu complet, avec café et boisson!…
Commençant à somnoler sur ma chaise après l’expresso, je recharge difficilement (j’en convient) le sac sur mes épaules et file vers la sortie de ville, vers l’hôtel Arivel, pour une petite sieste réparatrice après « lavage, douche… » pour ceux qui suivent.
Demain, fin de la rigolade: on passe de 1200 à 1800m et je ne le sens pas du tout celui- là.
Je vais utiliser les conseils éclairés de Roy, en espérant qu’ils suffisent.
Sinon, Adieu!

Et pour mon dernier repas… sur le versant sud de la montagne, ce sera dans ma chambre, sandwich+fruits du chinois d’en bas!

C’est drôles ces chinois, chez eux ils nous empoisonnent et détruisent la planète, et ici ils sont indispensables!….

Bon, je m’écarte du sujet, je me couche! Demain, sera vite là.

Bonne nuit aux francophones !

4 réflexions sur “2019-Camino de Madrid_04”

  1. Eh bien Patrice ! Quelles merveilles ! Et quel délice que ces mûres, elles donnent envie !
    Profite bien de chaque pas, je sais qu’un jour ce sera mon tour…
    Je t’embrasse
    Marie

    • Merci Marie. Bien sûr que tu y viendras un jour.
      Pour le corps, on fait des cures, mais pour l’âme, tu fais quoi, toi??
      A bientôt, alors !
      Bises
      Patrice.

    • Bien sûr, toi tu rigoles, mais moi toutes ces côtes qu’il faut toujours redescendre, ça m’épuise! Je suis partisan d’une certaine uniformité verticale dans le decor. On aurait évité des guerres si il suffisait de regarder au loin pour voir qu il n’y avait rien de mieux en face…

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