vol libre

J’ai un peu du mal à décoller les pieds de la mélasse d’ennui dans laquelle je me meus.

Je suis resté sur le quai, contrairement à ce que j’avais promis à Lou, à attendre que repasse le train, sans que je sache ni le jour ni l’heure où il revient, ni même s’il va revenir.

         En attendant, gelé au bord des rails déserts, mon esprit s’envole loin de cette pesanteur. J’étais parti pour voler, seul dans le ciel, libre et léger.

            Se jeter dans le vide a quelque chose de grisant, d’enivrant, de valorisant. Le seul détail ennuyeux c’est que l’issue est prévisible et pas forcément rassurante.

C’est pourquoi ceux qui l’envisage s’équipent des précautions nécessaires pour profiter du saut sans en subir les conséquences ;

Moi, un peu primesautier, à mon habitude, j’ai volé en omettant le précieux parachute, celui qui évite de finir en puzzle.  

            Il me reste l’espoir fou, maintenant que le vent me promène à son gré, de tomber sur quelqu’un qui amortira ma chute, qui me tendra le filet salvateur.

            10000, 9990, 9980 m… Jusque là, ça va.  J’aime bien le vent de la course,le détachement,  le risque, l’espoir fou que je tomberai sur quelque chose de doux,  de doux et de fou…

                Si je pouvais, je choisirais. Mais là, je crois que le billet est ‘open’.

 

 

Une réponse à “vol libre”

  1. Je vois que tu progresses, du moins prends-tu le risque de t\’envoler…
    Si le premier atterrissage est dur, repart en n\’omettant plus les parachutes de secours!

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