ma fête à Nuremberg

 

J’ai fait un peu silence ces temps-ci, c’est que je suis en Allemagne depuis une semaine, ce qui n’est rien, mais pour deux semaines encore, ce qui reste assez déprimant.

Pas que ce soit un pays désagréable, mais l’inaction dans laquelle me plonge ce stage forcé sape mon énergie.

Je devrais être en train de visiter des appartements pour débarrasser ma femme d’une présence qui doit l’irriter. Mais c’était déjà difficile quand j’étais sur place, à cause du temps nécessaire et du peu d’offres raisonnables, alors d’ici, je ne peux que surveiller une hypothétique ‘bonne affaire’ qui me passerait sous le nez pour cause d’absence prolongée…

            J’avoue que cela ne me donne pas un moral euphorique et que ma participation au stage est assez fluctuante, au gré du cours de mes pensées.

Mais, vaille que vaille, une semaine est passée et ce premier week-end était l’occasion de changer d’air et de réflexions.

            Après une matinée plutôt grasse, m’autorisant à me rendormir jusqu’à 9 h, j’ai expédié l’intendance (lavage, rangement, repassage) et suis parti dans le vent froid de l’hiver revenu en direction de la gare et Nuremberg.

            Dès mon arrivée, je me suis dirigé vers le Germanische National Muséum.  Sa visite m’a pris une partie de l’après-midi, mais je suis passé sur beaucoup de choses très rapidement, à cause de l’ennui profond qui sen dégageait.

Presque personne dans ce musée immense à l’architecture torturée. Très allemand dans sa conception et la rigueur de ses expositions, mais mortellement ennuyeux. De plus la partie peinture, et en particulier la période moderne et l’impressionnisme était fermée pour cause de travaux. Oh bravo ! C’était pourtant ma fête aujourd’hui !

            Le côté positif, c’était quand même cette atmosphère tranquille, la sérénité qui habite les lieux culturels. Dans l’immense hall où le rare public chuchotais en écoutant la litanie monocorde d’un guide, je me suis assis sur un des canapés confortables mis à la disposition des visiteurs (agés ?)  et après quelques minutes, me suis assoupi pendant un bon quart d’heure.

            Cette petite sieste improvisée dans ce lieu chargé de sens, au milieu d’un public respectable m’a réconcilié avec ma décevante première impression. Ce petit ‘temps de pause’ était nécessaire pour rompre le cours de l’ennui.

            Ragaillardi, revigoré, j’ai pris le chemin de mon objectif suivant : la maison de Dürer, au nord de la vieille ville, mais je n’y suis arrivé que pour m’entendre signifier dans la ferme et gutturale langue de Goethe que c’était l’heure de la fermeture et que je pouvais revenir demain.

Il commençais à pleuvoir… Décidemment c’est pas mon jour. Heureusement qu’il y a eu la sieste.

            Pour ma fête, je me suis offert un chocolat chaud, au dernier étage de chez Kaufhauf, la Samaritaine allemande,  et suis retourné calmement vers la gare, en musardant le long des remparts chargés d’histoire et où pas un détritus ne vient gâter la vue. On est bien en Allemagne, ce simple détail suffirait à le prouver.

            J’ai pris quelques photos, elles sont dans l’album photos d’aujourd’ui. Je les ai prises avec mon téléphone, car bien entendu, si j’ai bien tous les cables dans ma valise pour le connecter, mon appareil photo est resté dans ma voiture à l’aéroport.

            Retour à la nuit tombante, le froid toujours aussi vif.   Je n’ai qu’un pull, j’avais parié sur le printemps, lors j’espère que l’épisode présent n’est qu’une manifestation d’humeur de l’hiver avant de se retirer devant l’échéance du calendrier.

            Voilà, j’ai réussi, le temps d’un jour, à éloigner la morosité. A la distraire pour le moins.

    C’est que le printemps revient.

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