l’unijambiste

 

Je ne vais pas dire que je vais bien, c’est une sensation qui m’a quittée il y a longtemps, maintenant.

Les rêves ne remplissent pas la vie, surtout quand ils ne se réalisent pas.

      J’apprends à marcher, doucement, un pas après l’autre, mais c’est une marche sans harmonie, comme celle d’un unijambiste. Impossible de se bien sentir dans ces conditions, lorsqu’un pas sur deux ne rencontre que le vide.

            Je ne renie pas mes espoirs, mes désirs, mes envies de figer les effluves que j’ai parfois respirées mais, bancal, je lutte contre la peur de tomber.

Après avoir enfin réussi à entrevoir de quoi pourrait être fait un chemin sans regrets et sans ennui, vais-je m’agenouiller, plié par les angoisses et affaibli par le malaise.

Je tends la main, vers d’autres mains, cherchant un appui salvateur, mais force est de constater qu’elle ne rencontre que le vide. Il y a des regards, des moues, des mots, mais pas de mains.

            Force m’est donc de constater que je dois essayer, seul, de trouver les motivations qui me rendront le sourire, la joie d’être, et créeront cette aura de légèreté qui me manque aujourd’hui pour remplacer leurs grimaces par des sourires.

            Mais comment me défaire de la frustration ? Comment tenir avec l’angoisse ?

Où trouver quelqu’un qui voudra l’annuler, m’en prouver l’inanité quand chaque jour qui passe en conforte la réalité?

Comment croire qu’on peut vivre aujourd’hui sans craindre pour demain ?

Non, je ne vais pas bien. Pas encore. Je m’y habitue, c’est tout.

Cheese !

 

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